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Dans notre série '' Nettoyons la nature '' suite......
du 30/09/2018
 Histoire et Patrimoine d' Archigny - 65 articles  

Murmures, murs et mûres

Quand le bâtiment va, tout va ! Alors, parlons murs … avec, entre autres exemples, la grande muraille de chine de « plus de 6 000 km », ou le mur d’Adrien et ses 110 km, au nord de l’Angleterre ! On peut dire que l’homme a cherché, depuis l’antiquité, à se protéger des guerres et des invasions en réalisant des murs gigantesques. Nous avons encore en mémoire le mur de Berlin, construit pour empêcher les Berlinois de l’Est de passer à l’Ouest, tombé en 1989. Nous pourrions rêver que, dans notre monde dit « évolué », tout cela soit du passé, car l’histoire a prouvé le coté éphémère de ces constructions.

Il n’en est rien !

Aujourd’hui, des milliers de personnes fuient les guerres, la torture, la famine ou simplement la pauvreté en franchissant les frontières. Comme il est plus facile de construire un mur que de se donner les moyens de lutter contre les causes de ces migrations, on voit « fleurir » des murs, tous plus dérangeants les uns que les autres :

Quel écho dans les médias pour inciter les puissances à agir sur les causes plus que sur les conséquences ? Quel écho dans ces médias qui martèlent, de minute en minute, la plus petite nouvelle, générant à force de rabâchage angoisse et peur dans la moindre cervelle ? … Un simple murmure, à peine audible !

Bien simple est celui qui n’a pas repéré combien nombre de politiques, de médias, voire de citoyens, érigent des « murs » entre les hommes plutôt que de travailler à les rapprocher et à faire en sorte que les différences ne soient que richesses pour tous. Heureusement, aucun mur de division n’a résisté ni au temps, ni aux hommes. L’eau finit par user le rocher ! disait Lao Tseu.

Il est aussi des murs qui voudraient protéger tous les hommes, comme les murs anti-tsunami du Japon qui doivent s'étaler sur 380 kilomètres de la côte nord. Ils vont mesurer jusqu'à 15 mètres de haut ! On peut s’interroger, là encore, non sur le motif, mais sur l’utilité. En effet, le dernier typhon en a déjà détruit une partie et, sur toute la côte, personne ne peut plus voir la mer…

Mais il est aussi de « beaux » murs.

Heureux celui qui, même endetté pour 30 ans, habite enfin sa maison !

Heureux ceux qui inaugurent les bâtiments d’une salle des fêtes où retentiront chants, rires et cris de joie, même si les coûts ont dépassé largement, comme toujours d’ailleurs, les devis prévus.

Heureux sommes-nous en admirant les murs tout proches de nous, érigés par nos ancêtres pour bâtir, soutenir et protéger leurs projets.

Le promeneur qui chemine entre Chavard et Boutigny aura repéré la disparition de la terre et des pierres éboulées dans la partie du chemin proche des bâtiments de Boutigny. Il verra sûrement aussi le mur de pierres sèches qui a retrouvé un peu de sa jeunesse sur près de 80 m.

Une énorme quantité de pierres, un vieux rêve, un grain de folie et un peu de courage et tout peut changer...

le mur du haut du chemin avant travaux

le mur du haut du chemin après travaux

Ce chantier s’est déroulé, au rythme de la météo, d’une retraite et des articulations sans douleur, de février à mai 2018 inclus. Apporter de nouvelles pierres, dégager les éboulis et tout ce qui était branlant, creuser le coteau, voilà le travail préparatoire. Remonter pierre par pierre, souvent à l’échelle, sur 2 à 3 m de haut en respectant ce qui n’était pas écroulé, caler chacune, piocher la terre éboulée sur le chemin et combler l’arrière du mur avec cette terre remontée baquet par baquet à l’échelle, voilà le travail de reconstruction.

Outre le résultat, ce projet a permis de deviner ce que pouvait être la tâche des premiers bâtisseurs. Par endroit il y avait plus d’un mètre d’épaisseur de pierres entassées. Jusqu’où allaient-ils les chercher ? Combien de pierres pour un tel mur ?

Myriade de pierres et mastodonte (plus de 1 m de large !)

Certaines étaient énormes, voir gigantesques. Elles ont dû nécessiter un travail d’équipe. Dans la remise en état, quatre mains ont parfois été nécessaires, question de poids, mais aussi de moral et ce fut heureusement le cas pour les dix derniers mètres. Il faut dire qu’un tiers au moins des 180 m² du mur a été reconstruit ce qui représente le « brassage » ou l’apport d’environ 4 000 pierres !

Heureux celui qui marche dans nos campagnes et sait regarder tous ces murs plus ou moins vaillants, construits pour border nos vieux chemins, canalisant le passant et le bétail, soutenant les terres en terrasses ... Certains datent du Moyen Âge et les voir crouler sous le poids des ans est assez douloureux.

Et pourquoi en longeant nos vieux murs ne pas en profiter pour se gorger de mûres, pour, non pas murmurer, mais chanter, crier notre bonheur de pouvoir profiter de toutes ces petites merveilles qui nous sont offertes?

 

Humeur de notre envoyé spécial J-C C le 5 septembre 2018

 

 

 

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