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Le Patrimoine communal d'Archigny
du 11/11/2020
 Histoire et Patrimoine d' Archigny - 95 articles  

Patrimoine

 

Le Patrimoine communal

 

l'Abbaye de l'Etoile

 

Ensemble abbaye et moulin depuis l'étang

Façade, avec le bâtiment des Convers                                                                                                           l'arrière avec l'entrée de la salle capitulaire

La salle capitulaire

 

Abbaye cistercienne fondée en 1124 par Isembaud de l’Étoile dans le vallon de Fons-Calcis à Archigny sous le nom d’Abbatia Stellae.

Un moulin est construit et un étang creusé.

Construite selon le plan dit Bernardin, elle connaît ses heures de gloire du XIIe au XVe siècle. Les bâtiments abbatiaux se dégradent sous diverses impulsions

et les dommages causés s’aggravent. Après les ravages de la guerre de Cent Ans et l’incurie de la commende s’ajoutent les calamités des guerres de Religion.

Au début du XVIIe siècle, le dernier abbé commendataire vendit aux enchères, pour son profit, les cloches et le mobilier.

La seconde moitié du XVIIIe siècle, avec le déclin des vocations, le suicide de don Joseph Dreux, acculé aux dettes, et un régime impitoyable de la commende,

voit l’abbaye décroître à nouveau.

En 1791 l’abbaye, vidée de ses religieux, est vendue comme bien national.

En 1936 et 1937 les Beaux-Arts entreprennent des travaux de consolidation sur l’aile orientale. Les arcatures peintes de la nef avaient été classées en 1915 et 1926.

En 1970, elle est très endommagée la nef et la salle capitulaire servent de bergerie.

En 1982, à la mort du propriétaire, de faux « antiquaires » ou « collectionneurs » dévastent l’abbaye, arrachant et volant portes, pierres sculptées, carrelage…

En 1990, le maire, Jacques Lonhienne, obtient que l’ensemble des bâtiments fassent l’objet d’une inscription conservatoire sur la liste des monuments historiques.

Des travaux d’urgence sont entrepris.

En 1996, le moulin qui n’était que ruine est reconstruit à l’identique.

Depuis l’année 2000 des travaux d’importance ont sorti cette vieille dame de son abandon et la visiter nous mène hors du temps, dans le calme des vieilles pierres et de la végétation.

Toute l’histoire et la visite de l’abbaye dans notre ouvrage « Archigny… son église, son abbaye, ses croix ».

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L'Arboretum

 

Photos novembre 2014

En 1998, une demande de subvention est déposée auprès du conseil général dans le cadre de la DGE pour un projet de remise en état, d’aménagement de terrain et d’un arboretum.

Le terrain jouxte celui du plan d’eau de baignade et présente de nombreuses essences :

Il s’inscrit dans le cadre du développement durable et de la « Charte Terre Saine »

 

La Bascule

 

Photos septembre 2007

Située côté est de l’actuelle place du 11-Novembre, près du monument aux morts, cette bascule de 15 tonnes a été acquise en 1932 sous la mandature de Ferdinand Hélie

et construite par les Ets Élis, de Lambris-les-Douai.

Lors de la réalisation de la fosse de pesage, deux sarcophages furent mis à jour, confirmant l’emplacement de l’ancien cimetière. Leur disparition n’a pas permis de datation.

Elle était destinée à la pesée des animaux et des marchandises.

Des réparations importantes furent effectuées en 1947.

Sa carrière d’un demi-siècle se termina lorsque la coopérative agricole de Pleumartin installa, à la fin des années quatre-vingts, un pont-bascule de 50 tonnes.

 

Le bassin de la place

 

Installé en 1908 sur la place du village, cet abreuvoir servait à l’abreuvement des animaux.

Il était alors alimenté en eau, à l’aide d’un robinet, par le bélier situé près du lavoir..

Il est maintenant bassin décoratif, aménagé de fleurs et d’une fontaine d’eau.

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Le Bélier

 

Le plan

1901 ! La municipalité passe commande d’un bélier à la maison Ernest Bollée.

Grâce à son mécanisme il remplit une citerne, dénommée château d’eau ou tour, située à l’arrière, côté nord, de l’église. De là, une tuyauterie alimente, sur la place du village, l’abreuvoir et la borne fontaine installés en 1908.

Une grande avancée technologique pour les habitants d’Archigny qui, jusqu’à l’installation de cette borne, puisaient l’eau dans les puits, les marres, les fontaines, les lavoirs.

Il sera opérationnel jusqu’en 1959, année où le syndicat d’eau composé de trois communes fait les travaux d’adduction générale, d’abord dans le bourg puis dans la campagne.

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Les chemins de randonée

 

Actuellement, la municipalité propose 5 chemins de randonnée pédestre :

Circuit entre les bras de l’Ozon – 25 km - 6 h 30

Circuit le Petit Souper – 11 km – 2 h 45

Circuit entre l’Étoile et l’Acadie – 8 km – 2 h

Circuit l’Esve Guillaume – 7 km – 1 h 45

Circuit le Petit Patrimoine – 12 km – 3 h

Puis 3 chemins de randonnée VTT :

Circuit Acadie-Étoile – 17,2 km

Circuit les Bois de l’Ozon – 22,7 km

Circuit Limouzinière-Cléret – 9,2 km

Renseignement au secrétariat de mairie d’Archigny : 05 49 85 31 26.

 

Les croix monumentales

 

Dans notre région poitevine, nombreuses sont les croix (crux) qui ont résisté au temps. Après recensement il en resterait douze à Archigny.

Mais l’on entend souvent dire qui yavions ben une croix dans quou chmin mais j’savions point cqu’elle étions devnue !

Autrement dit : Qu’il y avait bien une croix dans ce chemin mais que je ne sais pas ce qu’elle est devenue !

Nous pouvons supposer que, les terres du village étant étendues et présentant autrefois plus de 150 hameaux, les croix fleurissaient à tous les embranchements de chemins.

Celles que nous avons étudiées ont peut-être été envahies de végétation, mutilées, dégradées par le temps et les discordes,

plutôt menacées par l’incurie que par le vandalisme, mais ces croix ont été sauvées, rénovées ou carrément refaites.

Souvent bénies à l’occasion d’une communion ou d’une fête commémorative, certaines ont également été érigées à l’occasion d’une mission.

Nous trouvons, dans les archives ou registres paroissiaux, des croix (quadrivium) indiquant seulement une intersection de chemin sans pour autant qu’y figure un symbole.

Peu d’écrits, à part les missions rapportées par les prêtres, permettent de dater les croix originelles.

Celles actuellement présentes ont en majorité été refaites et à nouveau bénies au XXe siècle. Seules les vieilles croix de pierre prouvent une histoire ancienne…

sans pour autant nous conter leur première érection.

Toutes les croix que nous avons recensées sont de forme latine :

La croix blanche, la croix Brouard, le calvaire du bourg, la croix du clocher, la croix dite du calvaire, la croix de l’abbaye, la croix Gigot, la croix de la Grange-Neuve,

la croix hosannière, la croix de la Jeunesse, la croix de la Justice, la croix Misset.

 

Voir notre ouvrage « Archigny… son église, son abbaye, ses croix » qui raconte l’historique de chacune des croix.  Lien vers les publications ------->  ICI

 

L’église Saint-Georges

 

La toute première église était-elle en bois ?

Aucune description graphique d’époque n’existe, mais en étudiant l’édifice sur le terrain nous avons pu en définir l’apparence la plus proche au XIIe siècle, siècle de son érection.

C’était une église romane, à nef unique présentant une magnifique charpente et une voûte en bois en berceau plein cintre traversée de poutres à engoulants,

au chevet plat certainement ouvert d’une baie axiale au vitrail important ou à trois baies plus petites, donnant sur l’est.

Des modillons, dont certains sculptés, ornaient les murs sud et nord. Sa toiture était en tuiles plates. Comme dans la majorité des églises romanes,

l’intérieur était sombre, pour le recueillement, et le seul éclairage provenait du chœur et de quelques petits vitraux.

L’avant-nef était grandiose avec des piliers à plusieurs colonnes engagées, isolés, formant galerie autour du narthex.

Des peintures murales ocre et bleues ornaient les soubassements du narthex et de la nef.

Une voûte en pierre, d’avant le XVIe siècle, a été évoquée, sans preuve, dans certains récits, mais il est raisonnable d’abandonner cette idée car, d’une part,

les murs n’étaient pas assez épais pour la supporter, et d’autre part, une voûte en pierre était coûteuse alors que le bois était disponible à moindre frais grâce à la forêt recouvrant les terres de la région.

En 1910, année d’engagement de travaux importants, l’édifice est alors communal, et l’exposé qu’en fait le curé Delarçon n’avantage pas notre église 

Actuellement nous pouvons la décrire comme un édifice à nef unique, percée de baies en ogive, se développant régulièrement d'ouest en est et se terminant par un chevet plat aveugle.

L’église possède un clocher carré, positionné à l'ouest, surmonté d'une modeste flèche. Sa toiture est aujourd’hui en ardoise.

Le bâtiment subit, au fil du temps, une suite de désastres dus à l’homme ou à la nature. Certaines de ces destructions, ainsi que les rénovations qui ont suivi,

nous sont rapportées par les prêtres, nous permettant de retracer quelques périodes de la vie de l’édifice.

Si l’édifice subit de nombreuses reconstructions au fil des siècles, l’origine et l’architecture ne sont pas pour autant respectées.

Des indices incitent à penser que certains travaux ont été obligatoires, entraînant des modifications de nécessité et non d'embellissement, le style n'étant pas respecté,

chacun faisant à sa manière.

Ses deux cloches sont classées au titre des Monuments historiques, sa chaire est inscrite à l’inventaire départemental des antiquités et objets d’art non classés,

ses vitraux sont signés Dagrant, sa statuaire offre des surprises…

Des travaux sont prévus qui dégageraient l’entrée de nef pour retrouver l’apparence du XIIe siècle…

Voir notre ouvrage « Archigny… son église, son abbaye, ses croix » dans lequel vous pouvez effectuer une visite complète détaillée de l’église d’Archigny.

Lien vers les publications ---------- >  ICI

À savoir : nous organisons, à la demande, des visites commentées de l’église

 

La Ferme dite acadienne n° 6

 

Lors de l’arrivée des Acadiens à Archigny, la ferme dite acadienne n° 6, fut attribuée, en 1774, au couple Pierre Faulcon (Archignois) et Marguerite-Blanche Guillot (Acadienne).

Ils étaient encore propriétaires en 1793.

Elle est située au lieu-dit « la Croix-de-Justice » à Archigny.

En 1995 le propriétaire est Georges Tardy. Une grange a été ajoutée à la ferme initiale au XIXe siècle.

La ferme tombe en ruine et, en 2000, l’association des Cousins Acadiens du Poitou en fait l’acquisition et monte un dossier de restauration.

Dans l’impossibilité de pourvoir aux travaux, les indemnités étant insuffisantes, la ferme est revendue à la commune en 2002 qui peut bénéficier d’aides plus importantes.

L’inauguration a lieu le 25 juin 2005 en présence du préfet de région et de nombreuses personnalités.

Actuellement, la partie « ferme » est occupée par les Cousins Acadiens du Poitou, la partie « grange » est une salle dans laquelle se tiennent des conférences et des animations.

Ce bâtiment étant communal, la salle peut être louée pour des fêtes familiales ou associatives. Se renseigner auprès de la mairie au 05 49 85 37 26.

 

La Fontaine aux yeux

 

L’eau provient d’une source et jaillit, limpide et claire, dans le talus de la route menant d’Archigny à Monthoiron, face à l’arboretum.

Un agriculteur aurait, autrefois, lavé les yeux malades de sa vache avec l’eau de cette source et elle aurait guéri.

Depuis, la « source aux yeux » a vu sa renommée grandir, au point qu’en juin 1940, les officiers allemands, arrivés pour occuper Archigny,

ont demandé sans tarder où se trouvait la « source aux yeux », celle-ci étant indiquée sur leur carte d’état-major.

Les officiers s’y ravitaillèrent donc durant leur présence dans notre village.

Depuis des décennies, les habitants des environs, certains venant de loin, remplissent bouteilles et bidons de cette eau qu’ils consomment et jugent « bénéfique ».

 

La Laiterie coopérative agricole

 

Lucien Épain, maire d'Archigny et administrateur de la laiterie de Chauvigny, provoque une réunion de 82 agriculteurs de sa commune le 30 janvier 1910 à midi.

Objet de la séance : fonder La Laiterie Coopérative d'Archigny.

À l'issue de cette réunion, certains producteurs apportent leur adhésion afin de devenir membres fondateurs de la future société et sept agriculteurs sont missionnés

pour choisir un site, procéder à son acquisition et étudier les plans d'aménagement.

Ces derniers se réunissent trois jours plus tard au moulin de Vangueil, au lieu-dit du même nom, situé sur la commune d'Archigny.

Avec sa roue à aubes hydraulique pouvant fournir la force motrice et sa fontaine l'eau nécessaire au lavage du beurre et du matériel, le site paraît convenir au projet.

Il est donc décidé d'acheter le moulin plus 1 ha et demi de pré pour l'utilisation du bief.

L'affaire est décidée à l'unanimité par 86 voix, moins une, lors de l'assemblée constitutive du 20 février 1910.

La laiterie d’Archigny prend ses fonctions.

Il faut un directeur. Paul Boisson, du village du «  Peu » d'Archigny, assure ce poste dès son retour de stage effectué du 1er avril au 30 septembre 1913 à l’école de Surgères.

Siméon Forest assume la fonction de beurrier.

Fin 1929, Lucien Épain démissionne et Désiré Bruneau, jeune agriculteur de Chaumont à Archigny, prend la nouvelle présidence.

Il veut moderniser la laiterie et donner de l'importance à la coopérative.

C'est à cette période, et après ces premières années de réflexion, qu'il est décidé d'adjoindre à la production du beurre celle du fromage.

La société prospère, et, en 1931, l'idée s'installe de s'orienter vers les fabrications fromagères. Mais Vangueil n'a pas une situation géographique idéale pour la venue des ouvriers,

les voies de communication sont mauvaises, le secteur laitier s'en éloigne, se décentrant vers la vallée de la Vienne.

L'eau y devient insuffisante. Vangueil n'a plus la configuration correspondant aux besoins.

Des sites archignois soumis à sa prospection, c'est celui de Chavard, près du moulin du même nom, que l'abbé Arlot, sourcier renommé, curé d'Oradour-Fanay en Charente,

désigne comme le plus propice à l'installation d'une laiterie.

De l'eau en abondance pour les différentes activités, mais également une proximité du village pour faciliter le recrutement en main-d’œuvre,

la contiguïté de la voie départementale pour le transport, et un recentrage par rapport à la vallée de la Vienne, en font un site idéal.

Malgré quelques résistances de sociétaires le transfert de Vangueil à Chavard s'effectue le 29 juin 1934, sans que la production en soit affectée.

Le matin, le beurre et la caséine sont fabriqués à Vangueil, l'après-midi l'écrémage se fait à Chavard.

Et ce n'est qu'au cours de leur tournée que les laitiers apprennent que ce soir-là ils rentrent à Chavard et non à Vangueil.

En 1940, l'état de la coopérative d'Archigny est bon, mais la guerre éclate à nouveau. Désiré Bruneau, qui avait mené à bien tous les projets de l'entreprise,

n'est pas reconduit à la présidence, remplacé par Maurice Clerté, élu le 27 avril 1941. Malheureusement la maladie l'emporte en mars de l'année suivante.

André Penot est alors élu le 26 avril 1942 sur proposition de Désiré Bruneau.

Jeune homme inexpérimenté, il doit affronter la gestion de l'affaire et les difficultés liées à un secteur laitier coupé en deux par la ligne de démarcation.

L’autorisation de puisage d’eau dans l’Ozon de Chavard est accordée par arrêté préfectoral du 6 avril 1943.

Mais à l'horizon de 1960 il faut réfléchir à l'évolution de la technologie et des normes d'hygiène de plus en plus rigoureuses, mais aussi à la défense des agriculteurs.

En 1955, les conseils d'administration d'Archigny, de Chauvigny et de Vouillé se réunissent et, sur proposition de monsieur De Laulanie, président de Mélusine et de la Fédération Nationale des Coopératives,

naît L'Union Laitière du Haut-Poitou qui allait regrouper, dans les années soixante, neuf coopératives, chacune gardant son savoir-faire.

En 1973 la fabrication du beurre et celle du fromage sont arrêtées, le transfert de la production se faisant vers les autres coopératives du groupement.

Le fromage est remis à la laiterie de Dangé. Cette cessation de fabrication du beurre et du fromage a pour but d'installer, la même année, une chaîne pour lait UHT en briques

et une autre pour des bouteilles en plastique d'un litre. Puis on arrête la ligne des bouteilles pour installer une deuxième ligne de briques…pour fermer la laiterie en 1986.

Communal, ce bâtiment ne demande qu’à vivre…

report vers "Archigny dans la Grande-Guerre" et "Souvenirs d'Archigny 1939-1945"   lien vers les Publications ------------ >  ICI

Autre article sur l'historique de la laiterie par Françoise Glain  ---------- >  ICI

 

Publication de la collection Jean Dubois, des photos de la production de la laiterie, avec son aimable autorisation,

 

 

 

 

 

Le lavoir

 

Le lavoir d’autrefois devait être une marre alimentée par une source…

Au printemps 1901, les laveuses du bourg s’adressent aux habitants et une souscription, lancée en faveur du projet tendant à faire cimenter le lavoir du bourg,

rapporte la somme de 196,50 francs pour 65 souscripteurs. Ces travaux ont dû être effectués conjointement à ceux liés à l’installation du bélier.

Le 30 juin 1929, le maire, Ferdinand Hélie, donne connaissance au conseil municipal d’une souscription en faveur de la construction d’un hangar sur le lavoir.

Souscription acceptée pour des travaux pendant l’exercice de 1930 où une somme de 3 000 francs est prévue au budget pour la réparation des ciments

entourant le lavoir qui, nécessairement, doit être effectuée avant la construction du hangar.

Lors de la session du 27 avril 1930, le conseil accepte les devis et cahier des charges concernant la construction d’un hangar sur le lavoir communal,

ceci en conformité des crédits disponibles.

Mais le 12 octobre 1930, des réparations urgentes sont à effectuer au lavoir communal.

Après délibération, le conseil accepte le devis et décide de faire exécuter les travaux le plus rapidement possible.

Actuellement, le lavoir est toujours couvert d’un hangar en bois.

 

report vers "Archigny dans la Grande-Guerre" et "Souvenirs d'Archigny 1939-1945"           Lien pour les Publications  ----------- >    ICI

 

 

La ligne acadienne

 

Depuis longtemps, c’était « le grand chemin de Châtellerault à Saint-Savin »… en 1773 il deviendra la Ligne le long de laquelle le marquis de Pérusse des Cars,

propriétaire de nombreuses terres envahies de brandes, installe les Acadiens pour défricher son domaine.

Puis, elle deviendra la Ligne-acadienne autour de laquelle les fermes dites acadiennes, construites au XVIIIe siècle, sont le seul patrimoine bâti français concernant cette page d’Histoire.

Colons français, partis outre-Atlantique dès 1604, les Acadiens, chassés de leur nouveau pays par les Anglais 150 ans plus tard, déportés lors du Grand Dérangement de 1755,

reviennent, immigrés, sur leur terre d'origine, et errent pendant une dizaine d'années sur les côtes françaises.

On proposera à un grand nombre d'entre eux de quitter le littoral pour participer à la formation d'une entité agraire en Poitou.

Le principal protagoniste de l'implantation de l'établissement acadien en Poitou est Nicolas de Pérusse des Cars, marquis de Monthoiron, grand seigneur passionné

par la physiocratie qui fait partie de ces esprits éclairés du siècle des Lumières prétendant que la richesse d'un pays provient essentiellement de son agriculture.

Née de sa rencontre avec Turbilly pendant la guerre de Sept Ans, une idée de défrichement fait son chemin. Il sera aidé, dans l’élaboration de son plan, par le surintendant de Blossac.

Le gouvernement envisage l'établissement des Acadiens sur les terres du marquis dès 1773.

Il accepte, espérant, avec leur aide, prouver « qu'il n'était écrit nulle part que les brandes poitevines dussent rester éternellement en brandes. »

Début 1773, Pérusse propose un projet qui établirait 200 familles, permettant à chacune d'entre-elles d'être propriétaire d'un terrain de 176 boisselées,

mesure de Châtellerault, sur lequel seraient construites une maison, avec laiterie et étable, une grange et une cabane à outils. Deux bœufs, deux vaches,

d'autres animaux et des outils viendraient compléter la propriété. Il ferait de la plus grande des fermes une école d'agriculture.

Les terres et maisons destinées aux Acadiens sont situées de part et d'autre du « grand chemin » conduisant de Châtellerault à Saint-Savin.

Sur les 30 maisons préconisées pour 1773 par l'abbé Terray, Pérusse n'en construit que 15. À terme, ce sont 150 fermes qui doivent être réalisées.

Seulement 58 sont réellement édifiées. Leur plan est celui, non pas des petites borderies mais des métairies poitevines de cette époque,

à savoir une pièce à vivre, une grange et une écurie attenantes.

Ces maisons, dites acadiennes, ne ressemblent en rien à celles, en bois, bâties en Acadie.

Elles ne sont acadiennes que de nom puisque liées aux immigrés pour lesquels on les édifie. Il est impossible en si peu de temps d'extraire les pierres nécessaires à la construction.

L'idée d'habitations en bois soumise par Blossac n'est pas retenue ;

celle de Pérusse l'est, différenciant ainsi l'habitation poitevine, en pierre de tuffeau, de celle construite pour les Acadiens.

En effet, il décide de bâtir,comme cela se fait en Normandie, des maisons aux murs de bauge. Toutes les maisons destinées aux Acadiens sont construites à l'identique.

Les murs en pisé de brande ou bousillis reposent sur une assise d'1 mètre de hauteur, composée de gros silex, des chailles, et la charpente et les ouvertures

sont en bois issu de forêts privées locales ; le sol est en terre battue, et pour gagner du temps, le toit, en attente d'ardoises, est en brande.

À cette ferme s'ajoutent une fosse, ou mare, creusée pour récupérer l'argile destinée à la fabrication des fermes et qui restera en eau, et un jardin.

Ces habitations, à la demande des Acadiens, sont réparties par villages allant de deux à huit habitations et s'échelonnent de part et d'autre

du « grand chemin de Berry » renommé « La Ligne » ou « La Ligne-acadienne ».

Un puits, qu'il a fallu creuser, et un four, qu'il a fallu construire, sont disposés pour l'usage de trois maisons.

Le village-type est celui des Huit- Maisons à Archigny, composé de 8 fermes échelonnées face à face le long du chemin allant de Marsujeau à l'abbaye de l’Étoile.

Suite à notre recensement en 2019, sur 58 maisons construites, 19 sont détruites, 39 sont encore existantes (soit maison d'habitation, soit  grange et/ou servitude, soit  mauvais état).

 

Ligne de démarcation

 

 

Tout comme la ligne coupait en deux le département de la Vienne, elle coupait en deux la commune d’Archigny.

La ligne de démarcation traversa la commune du 22 juin 1940 au 1er mars 1943. Le chef-lieu de la Vienne était en zone occupée et la moitié du territoire de la commune d’Archigny en zone libre.

Il y a donc la « zone occupée » et la « zone libre » dite aussi « non occupée » ou « nono ».

À Archigny, le tracé modifié déplaça la barrière de la Guérivière à la Gorlière, celle de la Brachetterie à la Philbartière, puis celle du chemin des Huit-Maisons à la Croix-de-Justice.

Au nord, la ligne passant aux Faguets traversait initialement le village de Pleumartin.

Le positionnement des barrières allemandes et françaises à Archigny était le suivant (ordre alphabétique) :

Les Bouchaux, une barrière allemande et sa guérite au carrefour de la Croix, sur la route de Chauvigny, la barrière française était à Rijoux.

La Croix de Justice, la barrière allemande d’un côté du carrefour, devant la maison de la famille Brisson, le baraquement de l’autre côté du carrefour dans le jardin de la famille Savigny.

La barrière française était sur la Ligne acadienne à environ 1 km 500 en direction de La Puye.

Les Faguets, une barrière allemande entre Archigny et Pleumartin, la barrière française était à la Belle Indienne, à l’entrée de Pleumartin.

La Gorlière, une barrière allemande et son baraquement, la barrière française à la Croizace.

Joline, une barrière allemande, la barrière française à la Croizace.

La Philbartière, une barrière allemande, la barrière française à la Croizace.

Dans le bourg se situait la mairie de zone occupée, celle de zone libre, administrée par Désiré Bruneau, se trouvait dans l’école primaire de la Croizace.

Voir le sujet complet dans notre ouvrage « Souvenirs d’Archigny, 1939-1945 ».    Lien pour les Publications  ----------- >    ICI

 

Le 27 mai 2019, c’est en notre commune d’Archigny que le ministère des Armées a organisé la cérémonie de la Journée nationale de la Résistance,

célébrée chaque 27 mai pour commémorer l’anniversaire du Conseil national de la Résistance (CNR).

Ce jour-là, Un panneau pédagogique portant sur cette ligne a été inauguré en présence de madame Augry,

présidente de l’association Les Amis de la France Libre, Devoir de Mémoire 86, de monsieur Baufreton, délégué départemental de la Fondation de la France Libre et des autorités locales.

 

Monument aux morts

 

 

Le 25 décembre 1920, jour de Noël, se tient une réunion du conseil municipal à Archigny pour délibérer sur les conditions de financement d’un monument aux morts.

Un monument sera érigé à la mémoire des enfants de la commune. Le sculpteur en sera Marcel Pillac qui tient atelier à Châtellerault.

Une fête au monument aux morts rend hommage aux morts pour la France le 10 avril 1921.

Ce n’est que le 26 juin de la même année que le procès-verbal de fin de travaux est signé.

Le monument est en forme d’obélisque, surmonté d’un coq qui, initialement scrutait vers le Nord, mais qui, après vandalisme, fut replacé involontairement orienté vers l’Ouest.

De nombreuses transformations de son environnement se sont déroulées au fil des ans.

Après recherches, notre association lista six morts oubliés. Le 20 juin 2015, à l’occasion d’une cérémonie avec la municipalité alors en place,

deux plaques mentionnant ces morts pour la France furent ajoutées au monument.

Du 24 juillet au 3 août 2018, en période caniculaire, nous étions deux femmes grimpées sur des échafaudages pour gratter et repeindre toutes les lettres de l’ouvrage.

Voilà donc notre monument rénové, en respect de ceux dont les noms ont été gravés dans le marbre pour avoir donné leur vie à la France.

Voir l’histoire complète de notre monument aux morts dans notre ouvrage « Archigny dans la Grande Guerre. »       Lien pour les Publications  ----------- >    ICI

Voir également notre article « respect du patrimoine communal » sur ce site.                  lien  ------------>  ICI

 

Musée acadien

 

Située dans le village des Huit-Maisons, dénommé initialement village Louis XVI, la ferme dite acadienne n° 10 est attribuée, en 1774, au couple Charles Naquin et Anne Doiron,

tous les deux Acadiens. Ils y vivent jusqu’au décès d’Anne en 1782. Charles et ses six enfants partent alors pour Nantes et la Louisiane.

En 1784, la ferme est attribuée aux orphelins Gautrot dont le tuteur est Ambroise Guillot, tous Acadiens. En 1793 elle devient propriété du couple Paul Guillot et Marie Sauvion,

Acadiens, qui y vivent avec leurs six enfants. Puis, après 1793, c’est Françoise Daigle, Acadienne, qui dispose de cette maison.

En 1963, la propriétaire, madame Bernard, petite fille du général Papuchon, descendant d’Acadien, cède la ferme n° 10 à la commune.

En 1964 et 1965, Octave Chaussebourg, maire d’Archigny, prend les premiers contacts avec le Canada pour parler de la ligne acadienne.

Une idée de musée fait son chemin et les premiers jalons sont alors posés.

En 1973, 200 ans après sa construction, et sous l’impulsion de Jacques Lonhienne, maire alors en exercice, cette ancienne ferme est inaugurée sous le titre de « musée acadien ».

De nombreuses personnalités sont présentes, en particulier deux importantes délégations louisianaise et acadienne.

Se fonde alors « Les Cousins acadiens du Poitou », association homologuée le 8 janvier 1980. Elle assume l’animation du musée à partir de 1985,

musée qui ne sera totalement aménagé qu’en 1990.

Vouée initialement à mettre en contact les descendants d’Acadiens de la région, elle étend petit à petit sa destination première à tous les descendants d’Acadiens de France,

et, en plus de l’animation du musée, organise des conférences et la traditionnelle fête du Petit Tintamarre tous les 15 août.

Depuis 2009, la gestion du musée est confiée à l’agglomération de Châtellerault, l’association restant animatrice de visites en dehors des plages d’ouverture définies

par la communauté de communes.

S’y pressent 3 500 visiteurs par an. À ce chiffre transmis par l’office de Tourisme châtelleraudais, il faut ajouter les visites et conférences organisées par « Les Cousins Acadiens du Poitou ».

 

La pierre du Pas à l’âne

 

Fille de Berthaire, roi de Thuringe, Radégonde était née vers 518. Sa famille fut massacrée en 531 par Clotaire, l’un des fils de Clovis, qui la fit prisonnière alors qu'elle n'avait que 12 ans.

Elle fut emmenée comme captive à la villa royale d'Athies, où elle reçut une bonne éducation. En 538, Clotaire, devenu veuf, décida d'épouser Radégonde.

Elle s'enfuit, mais rattrapée, le mariage eut lieu à Soissons.

Reine aimée de son peuple pour sa bonté et ses bienfaits, mais attirée depuis longtemps par une vie de prière et d'austérité, elle rechercha refuge auprès de saint Médard,

évêque de Noyon, et lui demanda de lui donner l'habit. Elle obtint de se retirer à Poitiers où elle fonda, entre 552 et 557,

un monastère qui allait prendre, plus tard, le nom de Sainte Croix lorsqu'elle recevra de l'empereur de Byzance une relique de la vraie Croix.

C’est, paraît-il, en venant de l’Artois à Poitiers, qu’elle passa dans notre village d’Archigny avec sa mule, longeant la paroisse de Sainte-Radégonde-en-Gâtine,

Là, sur le bas-côté de la route, qui ne devait être à l’époque qu’un petit chemin, se trouvait une pierre sur laquelle passèrent la sainte et sa mule.

Cette pierre à cupules porte les empreintes d’un pied humain et d’un sabot d’équidé.

Aucun doute, Radégonde était bien passée là pour rejoindre son cloître !

La croyance populaire a vu longtemps dans cette pierre, peut-être encore d’ailleurs, un remède pour guérir du mal de dents.

Les cavités retenant longtemps l’eau de pluie, celle-ci était recueillie pour se frictionner dents et gencives douloureuses.

On y récitait des prières et déposait quelques pièces de monnaie dans les cupules. À telle fin qu’en 1989 s’y trouvaient 7,90 francs.

Cette pierre du pas à l’âne est située en limite des deux communes d’Archigny et de Sainte-Radégonde-en-Gâtine.

 

Plans d’eau : baignade et pêche

 

l'étang de baignade

L'étang de pêche

Après-guerre, les très nombreux jeunes du village, vont, les jours d’été, se baigner dans la Vienne à Bonneuil-Matours. Désirant eux-aussi posséder leur propre lieu de baignade,

ils déposent une pétition auprès du maire d’Archigny, Octave Chaussebourg.

Ce dernier n’ayant aucune solution immédiate enregistre la demande et attend la possibilité d’y répondre. L’opportunité se présente en 1970

lorsque la propriétaire de la ferme de la Bironnerie veut se débarrasser, pour un prix modique, d’un pré à Chavard. Ce pré, coupé en deux par un ruisseau,

est entretenu par son fermier qui n’en récolte rien. L’affaire est conclue.

Un terrassement est fait, grande excavation alimentée par le ruisseau d’eau courante, et sert de baignade pour les jeunes.

Une autre partie du pré, marécageuse, est transformée en mare de pêche à la demande des conseillers municipaux qui veulent aussi leur trou d’eau.

L’aménagement de 1974, diligenté par le maire, Jacques Lonhienne, se compose de la création d’un parking, de toilettes,

d’une baraque à frites qui sera gérée par les associations du village, d’un parcours de santé.

En 1985, le bassin de pêche est aménagé et entretenu. Il est à ce jour très fréquenté.

Actuellement, le bassin de baignade est aux normes sanitaires et sécuritaires.

Son pourtour et son aire de jeux jouxtent l’arboretum. Les hauts arbres de la campagne archignoise offrent leur ombre aux pique-niqueurs ou baigneurs.

Les bénévoles d’association n’étant plus en âge d’assurer le service, la baraque à frites a été remplacée, en 2019, par un chalet communal, loué à une gérante qui offre repas,

boissons et jeux pour les enfants et les plus grands, et organise des soirées à thème.

Report vers "Souvenirs d'Archigny 1939-1945"        Lien pour les Publications  ----------- >    ICI

 

 

 

 

 

 


 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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